Liberté provisoire de Gbagbo : entre doute et espoir, ses partisans retiennent leur souffle

C’est le 15 janvier 2019 que la Cour pénale internationale (CPI) se prononcera sur une probable liberté provisoire de Laurent Gbagbo et son ancien ministre de la Jeunesse, Charles Blé Goudé. En Côte d’Ivoire, les partisans de l’ancien chef d’Etat scrutent l’horizon dans l’espoir de voir leur mentor quitter sa cellule de Scheveningen. Après avoir célébré la «libération» du président du Front populaire ivoirien (FPI), ils retiennent leur souffle, les oreilles tendues vers La Haye.

 

Finalement, c’est le 15 janvier 2019 que Laurent Gbagbo et Blé Goudé seront situés sur leur sort. Ainsi en ont décidé les juges de la CPI. Jugés depuis janvier 2016, les deux hommes espèrent obtenir la liberté provisoire.

Le vendredi 14 décembre 2018, la nouvelle de la libération de Laurent Gbagbo avait envahi la Côte d’Ivoire. L’information avait même été confirmée par l’épouse de l’ex président ivoirien. «Ce jour-ci est un jour de joie. C’est un jour où la  gloire de Dieu se manifeste…Cette libération provisoire est à saluer. Mais vous-mêmes vous savez que ce n’est que la moitié du chemin. La liberté provisoire, elle est bonne à prendre parce que rien ne vaut la liberté (…) Cependant, le travail n’est pas achevé », avait déclaré Simone Gbagbo avant de se contredire quelques minutes après.

Cette «fausse libération» du chef de file du FPI a tout de même montré que ses partisans attendaient ce moment. A l’annonce de l’audience du 15 janvier, c’est sûr que  adeptes de Laurent Gbagbo auront le sommeil trouble. Le souvenir de la pseudo mise en liberté provisoire du «Woody de Mama» demeure encore dans les esprits. Il ne serait pas surprenant que certains de ses fidèles perdent la foi. Pour eux, les dés sont déjà pipés depuis bien longtemps.

Ce n’est pas le cas pour Assoa Adou. En attendant le 15 janvier le secrétaire général du FPI demeure confiant. «Parce que, vous voyez, c’est quelqu’un qui est accusé des crimes les plus abominables de la terre – comme je dis toujours de « tous les pêchers d’Israël » – on envoie, contre lui, 82 témoins en charge, on envoie, contre lui, des images montées de toutes pièces et à la fin de l’audition de ces 82 témoins, les juges eux-mêmes ont jugé que ce n’était plus la peine que les avocats de monsieur Laurent Gbagbo présentent des témoins. Ce qu’ils ont entendu est suffisant. Donc ils demandent à ses avocats de demander tout simplement, un non-lieu. Donc nous ne pouvons qu’être dans une position de satisfaction d’attente de son retour. Toute autre décision contraire, je dirais à ce moment-là que c’est du domaine purement politique. Ce n’est plus de la justice », a-t-il confié à RFI.

Selon certaines informations, les avocats de Charles Blé Goudé et Laurent Gbagbo se sont déjà mis en quête de résidences pouvant accueillir leurs clients à Bruxelles.