Alliance avec le Pdci-Rda: Gbagbo n’est pas chaud, voici les raisons, ceux que l’ex-chef de l’État reçoit en Belgique

Libéré sous conditions en compagnie de son dernier ministre de la Jeunesse, Charles Blé Goudé, Laurent Gbagbo réside depuis la soirée du 5 février 2019, en Belgique. Dans ce pays de l’Europe de l’Ouest, l’ancien président ivoirien, acquitté de crimes contre l’humanité le 15 janvier dernier, ne chôme pas. Après environ un mois mis à profit pour «des examens médicaux» et le «repos», l’ancien pensionnaire de la prison de Scheveningen, à La Haye au Pays-Bas, a décidé de mettre le turbo à moins de deux ans la présidentielle de 2020.

Selon une source généralement très bien informée, Gbagbo reçoit pratiquement tous les jours. Parents, amis et connaissances défilent dans son lieu résidence où les conditions sont arrêtées par la chambre d’appel de la Cour pénale internationale. Laurent Gbagbo s’est vu délivrer un visa belge de type C qui donne un droit de séjour de 90 jours sur le territoire du royaume. Il doit mettre à profit ce délai pour aller s’inscrire auprès de l’administration de sa commune de résidence qu’il ne pourra pas la quitter selon les termes de sa libération conditionnelle. Il devra pointer au commissariat de police ou auprès des autorités administratives locales une fois par semaine. «Depuis le début du mois de mars, le président Gbagbo a reçu Assoa adou, son fils Michel Gbagbo, plusieurs fois Stéphane Kipré et ses avocats aussi, car ils continuent de bosser sur le dossier», nous a confié notre source. Au menu des échanges, la Côte d’Ivoire, le Front populaire ivoirien, parti qu’il a créé en 1982 et, bien sûr, son procès.

Gbagbo suit également de près l’actualité nationale marquée ces derniers temps par la démission  »forcée » de Guillaume Soro de la présidence de l’Assemblée nationale, par le débat sur la réforme de la Commission électorale et aussi par le projet de la nouvelle plateforme annoncée par le président du Pdci-Rda. S’il ne s’est pas encore prononcé sur les deux premiers sujets, M. Gbagbo a soufflé un tout petit peu sur le futur projet M. Bédié. «Il m’a donné son accord pour cette nouvelle formation politique», avait affirmé Henri Konan Bédié au cours d’une interview à  »France 24 » en décembre 2018. Vrai ou faux ? Selon notre source, le  »Woody de Mama » ne s’enthousiasme pas pour le projet de plateforme de M. Bédié. «Gbagbo ne veut pas s’allier au Pdci-Rda.

En tout cas, pas pour le moment», nous a répondu notre source avant de donner quelques raisons de la posture de l’ancien président ivoirien. «Il estime que le Pdci et le Rdr se sont associés pour maltraiter son camp politique. Donc, maintenant que la bagarre entre eux fait que le Rdr laisse un peu de répit à ses partisans, ceux-ci devraient en profiter pour se réorganiser et remobiliser les militants», a confié notre informateur précisant que Gbagbo a indiqué que l’alliance pourrait intervenir «au moment des élections». Autre sujet : le cas Affi. M. Gbagbo, selon notre source, qui serait en froid avec le président statutaire et légal du Fpi, ne voit pas d’un bon œil que ce soit avec lui que les discussions soient menées. «Le Fpi ne peut pas être dans un groupe où c’est Affi qui est reconnu comme président du Fpi», aurait-il fulminé.

En détention depuis plus de sept ans, Laurent Gbagbo était jugé pour des crimes commis pendant la crise de 2010-2011.M. Gbagbo était accusé de quatre chefs de crimes contre l’humanité : meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains, pour lesquels il a toujours plaidé non coupable. Il a été reconnu non coupable et libéré depuis vendredi 1er février 2019 sous conditions.

 

Cyrille DJEDJED