Zadi Djédjé écrit à Soro en Côte-d’Ivoire «N’abandonnez pas les Ivoiriens»

Zadi Djédjé écrit à Soro en Côte-d’Ivoire «N’abandonnez pas les Ivoiriens»

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L’ex-président du Front populaire unis (Fpu) et leader du Groupement des patriotes pour le sursaut national (Gpsn), Zadi Djédjé, a écrit une lettre ouverte au président de l’Assemblée nationale, Guillaume Kigbafori Soro. Dans cette lettre dont copie nous est parvenue, ce lundi 13 novembre 2017, il appelle le chef du Parlement ivoirien à persévérer dans sa démarche visant le pardon et la réconciliation nationale.

Excellence Guillaume Soro, Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, après beaucoup d’hésitation, j’ai décidé de rendre publique cette correspondance. Votre statut de Président du Parlement ivoirien justifie la réserve que je m’étais imposée, mais les événements politiques qui se succèdent m’obligent à m’exprimer.

C’est le besoin de réconciliation et de retour de la paix en Côte d’Ivoire après plusieurs années de conflits qui m’ont conduit sur la scène politique. La réconciliation entre Ivoiriens, le retour définitif de la paix et de la stabilité en Côte d’Ivoire me tiennent donc à cœur. C’est pourquoi je m’associe à toutes les initiatives allant dans ce sens d’où qu’elles viennent.
Monsieur le Président, s’il est vrai que vous avez été un des acteurs majeurs de la crise en Côte d’Ivoire, il est également vrai que vous êtes parmi les rares hommes politiques qui ont publiquement demandé pardon au peuple et à l’ensemble de la classe politique. C’est un acte fort et courageux, mais nombreux sont ceux qui n’en n’ont pas perçu la portée.

Si au sein de votre propre famille politique, les opinions sont divergentes sur une question aussi essentielle, je comprends que votre initiative aussi louable soit-elle, puisse être à vos yeux difficile à réaliser. Logiquement, c’est une action à féliciter et à accompagner, mais hélas, encore une fois, on oppose les intérêts politiques au bien-être des populations. La génération à laquelle j’appartiens, à laquelle vous appartenez également, ne doit pas laisser passer cette occasion, et je ne crois pas que notre génération soit maudite.

Vous ne cessez de demander à l’exécutif de libérer les prisonniers politiques et d’agir pour le retour des exilés, en effet, cette situation est inacceptable pour notre cher pays, elle est génératrice de conflits futurs, elle cristallise les antagonismes, les Ivoiriens ne peuvent plus rester en perpétuelle hostilité. Vous l’avez compris très tôt, mais je crois que vous avez attendu le moment propice pour agir. Mais vous savez, les leaders sont toujours incompris dans leur démarche, et pourtant ils ont la lourde mission d’influencer le cours des événements.
Je voudrais donc vous exprimer officiellement mon soutien, et vous dire de ne pas abandonner ce projet salvateur pour notre génération et les générations futures. Je vous invite à poser des actes plus forts dans ce sens, à vous démarquer de l’immobilisme conflictuel entretenu par une partie de la classe politique, au détriment de l’avenir de nos enfants. Quand je dis classe politique, je parle de l’opposition comme du pouvoir.

Depuis les années de syndicalisme jusqu’aujourd’hui, vous êtes connu pour vos prises de position courageuses qui découlent de vos convictions, et les convictions peuvent évoluer selon les expériences et les circonstances. Seulement, il faut suffisamment de responsabilité pour les assumer.

Aujourd’hui, ce sont ces positions courageuses qui vous valent autant d’épreuves, et tout cet acharnement. J’ai connu cette période, mais il faut assumer cette charge parce qu’il y va de l’avenir de la nation. À un moment donné, l’homme politique doit faire fi de son confort personnel pour aborder la cause du plus grand nombre, s’il aspire à devenir un modèle. Il prend alors le statut d’Homme d’État. Or en Côte d’Ivoire, la majorité des politiques sont portées par l’intérêt personnel.

Monsieur le Président, sachez simplement que les Ivoiriens ont toujours le dernier mot. Ils scrutent le comportement de l’ensemble de la classe politique. Vous aurez la faveur des Ivoiriens, si vous persévérez dans le sens de l’humilité, du pardon, de la réconciliation et de la paix. Vous deviendrez ce modèle politique tant recherché actuellement par les Ivoiriens.
Détruisez la haine par le pardon, Brisez les lignes de méfiance entre les Ivoiriens en étant l’agent de rassemblement de tous. Soyez fort, ayez confiance en vous. Car vous pouvez être la solution pour une réconciliation vraie entre les filles et fils de la Côte d’Ivoire. Ne renoncez pas à ce noble idéal même face aux persécutions. Par ce message d’encouragement, je vous invite à ne pas désespérer. Vous êtes une personnalité de qualité.

N’abandonnez pas les Ivoiriens, ne nous abandonnez pas…

Zadi DJÉDJÉ
Ex-Président du FP-u et leader du Gpsn

In Soir Info

Ph : Zadi lettre (photothèque) Ph DR

Source : Connection Ivoirienne

Connection Ivoirienne

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