Scandale de mise sous surveillance des personnalités ivoiriennes, le Général Diomandé Vagondo, l’homme des drones espions

Comme annoncé, la suite de l’affaire.  A l’origine du “drone-gate” ivoirien révélé jeudi dernier par KOACI, un homme: le général de division Vagondo Diomandé (ph2), chef d’état-major particulier du président Alassane Ouattara.

Les deux hommes se connaissent depuis près de trente ans. En effet, en 1990, quand Alassane Ouattara  est nommé Premier ministre, il choisit le commandant Diomandé Vagondo  comme aide de camp. Devenu chef d’Etat à l’issue de la victoire militaire des Forces républicaines de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara  rappelle à ses côtés Diomandé Vagondo  et fait régulièrement sa promotion jusqu’à lui octroyer le grade de général de division en 2016.

En retour, Diomandé Vagondo  est l’homme des missions occultes d’Alassane Ouattara. C’est lui qui, selon les aveux même du général burkinabé Gilbert Diendéré, agissant pour le compte du palais présidentiel d’Abidjan, aurait financé la tentative de coup d’état du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) en 2015, à Ouaga. « J’ai eu 84 millions de F CFA de Vagondo et du matériel militaire pour le maintien de l’ordre. Cet appui a été convoyé par la gendarmerie ivoirienne à la frontière de Ouangolo », avait déclaré le général Diendéré lors de son audition par un juge d’instruction militaire burkinabé. La promesse d’appui financier au putsch faite par le général Vagondo était au total de 160 millions de F CFA, selon des témoins interrogés par la justice burkinabé. Notamment le commandant Abdoul Aziz Korogo, ex-chef de corps du RSP, à qui Vagondo avait également promis un soutien financier.

Dans le milieu du renseignement, on l’appelle «La Main Noire du Président», l’homme qui accomplit les basses besognes pour le compte de son Patron. Ainsi, il est d’abord nommé Commandant du Groupement de Sécurité de la Présidence de la République (GSPR), chargé de marquer à la culotte le général Michel Gueu, alors Chef d’état-major particulier du Président, officier estampillé pro-Soro. Il rend compte au détail près, de tout ce qui concerne le général Gueu : ses relations avec les soldats, ses entretiens, ses contacts, ses états d’âme etc. Une autre de ses missions était de gêner aux entournures, autant que possible, le général Gueu, pour le rendre inefficace. Quand le général Gueu est mis à la retraite du service actif, il est remplacé à la tête du GSPR  par le général Vagondo.

Aujourd’hui, la mission assignée à Diomandé Vagondo  « la Main Noire du Président », c’est de surveiller étroitement Guillaume Soro  ainsi que tous les officiers supérieurs issus des Forces Nouvelles, et qui occupent des postes-clés dans la nouvelle armée ou la haute administration.

Le général Vagondo a donc mis en place et pilote, en tant que chef des opérations, la politique d’espionnage par drones des personnalités susmentionnées. Le haut commandement militaire est tenu à l’écart de cette opération. En effet, le chef d’état-major général des armées (CEMAG), le général de corps d’Armée Sékou Touré  et son adjoint, le général de brigade Lassina Doumbia, commandant des Forces Spéciales, sont jugés peu fiables, car réputés proches de Soro et n’auraient certainement pas approuvé cette manière de placer des officiers supérieurs sous surveillance, sans motif.

Conformément à sa mission, le général Vagondo a fait décoller un drone  le 12 avril 2018, à 7h du matin, pour prendre en chasse le cortège de Guillaume Soro, Président de l’Assemblée nationale, qui se rendait à Yamoussoukro pour la rentrée solennelle du Sénat. Le drone  a survolé le cortège pendant plusieurs kilomètres sur l’autoroute, à basse altitude, pour détecter la présence éventuelle d’armes à bord des véhicules. L’engin a été repéré par la sécurité du PAN, qui s’apprêtait à le neutraliser, quand l’ordre leur a été donné d’ignorer le drone  et de continuer le chemin comme si de rien n’était.

Les équipes d’espionnage via des drones sont opérationnelles et connaissent chacune, leur cible. Ainsi, les documents auxquels nous avons eu accès, désignent le commandant Dao Moulaye, commandant en service actuellement au GSPR, comme responsable de l’équipe chargée d’espionner la résidence du président de l’Assemblée nationale à Zakoua, dans le département de Daloa. Les espions du Commandant Dao étaient appuyés sur le terrain par deux mercenaires occidentaux, chargés d’analyser les données recueillies par les drones.

Dans nos prochaines parutions, nous publierons la liste des autres personnalités impliquées dans ce scandale d’espionnage mis en place par la présidence ivoirienne, et qui vise les hommes qui ont structuré la prise de pouvoir d’Alassane Ouattara: Guillaume Soro  le Président de l’Assemblée nationale, les colonels Ouattara Issiaka dit Wattao, Ouattara Morou, Hervé Pelikan Touré et les Préfets militaires Coulibaly Ousmane dit Ben Laden et Tuo Fozié.

Mahoudi Innocent