Réforme de la Cei : L’union européenne donne sa position

Deux heures d’échange entre le gouvernement ivoirien et l’Union européenne (Ue). Hier, jeudi 24 janvier 2019, à la Primature à Abidjan-Plateau, les membres du gouvernement avec à leur tête, le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, ont repris langue avec une délégation de l’Ue après trois années d’interruption. Ce nouveau départ intervient au moment où les discussions pour la réforme de la Commission électorale indépendante (Cei) battent leur plein. Sur instruction du président Alassane Ouattara, le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly a entamé depuis lundi 21 janvier 2019, un dialogue avec les forces vives de la nation en vue du réexamen de la Cei conformément aux recommandations de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples. Lundi dernier, M. Amadou Gon a rencontré les partis politiques de l’opposition à qui il a donné deux semaines pour élaborer leurs contributions quant à la réforme de la Cei, l’institution électorale ivoirienne qui cristallise le débat politique dans le pays ces derniers mois.

L’Ue avec à sa tête l’ambassadeur Jobst Von Kirchmann, qui a présenté ses lettres de créances le 13 novembre 2018 a, au terme d’une rencontre de deux heures, donné la position de cette association politico-économique «Nous, on n’exige aucun format pour la Cei. Mais, on voudrait que finalement, on arrive à un système acceptable et qui inspire la confiance. Qu’on arrive à un cadre qui créé la confiance», a proposé le diplomate allemand. Le successeur de Jean-François Valette à la tête de la délégation de l’Ue en Côte d’Ivoire a indiqué que l’essentiel pour lui est la préservation d’un climat de paix et de stabilité afin d’attirer les investisseurs. «Nous, voulons simplement qu’il y ait plus de croissance et d’investissements. Pour cela, on a un intérêt légitime pour dire qu’on veut la stabilité et un bon climat d’investissement», a souligné Von Kirchmann, précisant que désormais le dialogue avec les autorités ivoiriennes aura lieu trois fois dans l’année. Les prochaines rencontres, a-t-il dit, sont prévues dans le mois de mars et en fin d’année 2019.

Bien avant la délégation de l’Ue, les autorités ivoiriennes ont échangé avec des organisations de la société civile ivoirienne. Celles-ci, dans l’ensemble, ont plaidé, pour une réforme du Conseil constitutionnel, estimant que cette institution a été au cœur des débats pendant la crise post-électorale ivoirienne de 2010-2011. «Une bonne réforme de la Cei entraînera corrélativement la mise à jour de la liste électorale, le découpage électoral, la sécurisation de l’environnement électoral, la formation des électeurs… Nous plaidons également pour une réforme du Conseil constitutionnel », a dit Dr Néné Bi de Actions pour la promotion et la défense des droits de l’homme en Côte d’Ivoire (Apdh). « La Ligue ivoirienne des droits de l’homme ( lidho) promet qu’elle sera toujours disponible pour la réforme de la Cei. Nous souhaitons que cette réforme puisse s’étendre au Conseil constitutionnel qui est un organe d’appui à la Cei », a soutenu dans le même élan, Adjoumani Kouamé Pierre, le président de cette organisation.

 

Cyrille DJEDJED