Pris pour un Angolais et arrêté après la crise post-électorale:  »Commando Benguiste » un jeune ivoirien fait des révélations

On le surnomme »Commando Binguiste » à cause de sa corpulence et de sa barbe bien nourrie. Des indices qui ne l’ont pas du tout aidé, car il a été pris pour un mercenaire angolais et a passé 3 ans en détention en Côte d’Ivoire. Arrêté en 2015, ce jeune ivoirien, de son vrai nom Théophile Zaourou, avait été condamné à 7 ans de prison ferme par la justice ivoirienne pour atteinte à la sûreté de l’Etat. Il fait partie des 800 détenus de la crise post-électorale libérés suite à la décision d’amnistie du président de la République, Alassane Ouattara.

 Zaourou Théophile alias  »Commando Binguiste » fait partis des 800 prisonniers politiques amnistiés par le chef de l’Etat Alassane Ouattra. Dans une interview accordée au quotidien Le Nouveau Courrier, ce jeune ivoirien raconte sa mésaventure. L’homme affirme avoir été victime d’une injustice due à sa corpulence.

Répondant à une des questions du confrère,  »Commando Binguiste » affirme avoir été arrêté pour « atteinte à la sûreté de l’Etat» sans preuve. A l’en croire, il vivait en France et était en 2015 pour ses vacances en Côte d’Ivoire lorsqu’il fut arrêté à la plage de Tabou, une ville au sud-ouest de la Côte d’Ivoire. Selon ses propos, il semblerait que le chef du village aurait affirmé que son style, sa corpulence et les bijoux qu’il portait faisaient style angolais. C’est pour ses raisons qu’il a été pris pour un mercenaire angolais et arrêté.

Par la suite il a été jugé et condamné pour sept (7) ans de prisons. Pendant 3 ans et 7 mois, il dit avoir parcouru plusieurs prisons de la Côte d’Ivoire. De la Maca à la prison de Dimbokro, en passant par le camp pénal de Bouaké, ensuite la prison d’Abengourou avant de revenir à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca).

Certes il est sorti de prison, mais Théophile Zaoiurou garde des séquelles au niveau de sa santé. « J’ai un problème de dos… Quant on t’arrête, ils ont une façon de t’attacher qui fait que tu ne peux te tenir. Imaginez-vous de San-Pedro à Abidjan, tu n’as pas le droit de lever la tête. Pourtant tu as la tête entre les genoux et les poignets attachés aux chevilles. Comprenez que c’est douloureux au niveau de la hanche. Aujourd’hui c’est le mal que je traîne», a-t-il soutenu.

Durant son séjour carcéral, le faux Angolais dit avoir traversé beaucoup de moments difficiles. Avec l’annonce du décès de son père, et lui en tant qu’espoir de sa famille se retrouvant en prison, impuissant, il en a souffert le martyr. Aussi, d’un côté il affirme que certains pro-Gbagbo le fuyaient et se méfiaient puisqu’ils ne le connaissaient pas. De l’autre côté, les pro-Ouattara le prenaient pour un élément dangereux. Sans oublier qu’au départ de son séjour il ne lui était pas autorisé des visites de membres de sa famille. Toutefois il dit avoir rencontré plusieurs bonnes volontés en prison tel que, Dahi Nestor, Sam l’African, Soul to Soul, le ministre Assoa Adou, le lieutenant Bawa, le colonel Moudi, Koua Justin, Tchéidé Jean-Gervais, etc.Malgré tout, l’ancien citoyen français a pu rester le moral haut grâce à sa croyance en Dieu, car dit-il, « nous prions beaucoup en prison». 

Parlant de réconciliation et de paix, cet ex-détenu des différentes prison en Côte d’Ivoire soutient ne rien garder contre ceux qui l’on mis en prison injustement. Cependant, pour la cohésion sociale et la paix, il demande une clémence au chef de l’Etat ivoirien. C’est-à-dire la libération des 60 militaires laissés encore derrière les barreaux. « C’est sans rancune, c’est la Côte d’Ivoire qui gagne», a-t-il soutenu. Avant de lancer son cri de cœur aux ex-détenus cadres qui ont été aussi libérés : « Nous autres, personnes ne nous connaît. Mais il ne faut pas nous oublier pour ce qu’on a vécu ensemble en prison».
Mélèdje Tresore