Manifestations à Bouaké: « Si la CPI veut la paix en Côte d’Ivoire, alors qu’elle garde Gbagbo là-bas »

Si pour certains observateurs politiques, l’acquittement par la Cour pénale internationale (CPI), de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, va favoriser la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire, ce n’est pas l’avis de tout le monde. Les victimes de la crise postélectorale de 2010-2011 ont manifesté dans certaines villes du nord du pays contre cette libération. Pour eux, si la CPI souhaite la paix en Côte d’Ivoire, qu’elle garde l’ex-chef d’Etat ivoirien en prison.

Dans deux communes d’Abidjan et certaines villes du nord de la Côte d’Ivoire, réputés pour être des bastions pro-Ouattara, des manifestations ont éclatés contre la décision de la Cour Pénale Internationale (CPI) d’acquitter Gbagbo et Blé Goudé. Après Anyama et Abobo les 15 et 16 janvier, ce sont les villes de Bouaké et Korhogo, qui ont été paralysées, ce jeudi 17 janvier, par des manifestants qui se revendiquent être des victimes de la crise postélectorale de 2010-2011.

Des centaines de personnes ont envahi les rues à Bouaké et à Korhogo pour manifester contre l’acquittement par la Cour pénale internationale (CPI), de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, jugés pour crimes contre l’humanité. Encadrés par la police, ces manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Si la CPI libère Laurent Gbagbo la guerre va reprendre en Côte d’Ivoire ».

« On nous dit qu’il (Laurent Gbagbo) est innocent. Et les 3 000 morts, qu’on nous dise qui en est l’auteur ! Si la CPI veut la paix en Côte d’Ivoire, alors qu’elle garde Laurent Gbagbo là-bas. Tout le monde sait que c’est Charles Blé Goudé qui donnait des instructions aux Jeunes patriotes, pourquoi nous dit-on qu’il est innocent ? », ont déclaré de façon pêle-mêle, les nombreux manifestants.