Malgré l’amnistie de Ouattara: Pourquoi les exilés pro-Gbagbo refusent toujours de revenir au pays

Malgré l’ordonnance d’amnistie prise par le président de la République, Alassane Ouattara, envers les prisonniers politiques de la crise postélectorale de novembre 2010-avril 2011, les exilés réchignent toujours à revenir au pays, en Côte d’Ivoire.

Trois semaines après la prise d’une ordonnance d’amnistie par le chef de l’Etat, graciant 800 prisonniers politiques, la plupart des exilés pro-Gbagbo en exil depuis la fin de la crise postélectorales, n’ont pas encore pris le chemin du retour au pays natal. Pourtant, le président Alassane Ouattara avaité été clair dans son discours à la nation du 06 Août 2018, veille de la commémoration du 58è anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Il avait indiqué que cette ordonnance d’amnistie concernait également les Ivoiriens en exil du fait de cette même crise, et qui étaient recherchés par la justice.

Malgré toute cette assurance, aucun des cadres de l’ancien régime de Laurent Gbagbo, n’a encore pris le chemin du retour. Selon RFI qui s’en est fait l’écho ce mercredi matin sur ses antennes,  »la parole d’Alassane Ouattara, aujourd’hui chef de l’Etat, hier ennemi des pro-Gbagbo, ne suffit pas à rassurer les exilés politiques ». Citant le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep), la radio indique que les personnalités politiques du régime de l’ex-président, hésitent à rentrer au pays, tant que leur sécurité n’est pas assurée.

«Depuis que cette ordonnance a été prise par le président de la République, je n’ai pas connaissance que des exilés sont revenus au pays. Donc pour moi, il faut un retour sécurisé de ces exilés (…) Dans les campements, dans les hameaux les plus reculés, nous irons partout pour parler à l’ensemble des Ivoiriens. Leur dire que l’heure du retour de la fraternité, l’heure du retour du vivre ensemble est arrivée», informe Dr Patrice Saraka, président du Conseil de contrôle, d’éthique et de discipline du Cojep, cité par RFI. Ce  »retour sécurisé » suppose par ailleurs la mutation de l’ordonnance d’amnistie en loi d’amnistie.

David YALA