Macron revient encore sur son couac avec Roch Kaboré à l’Université de Ouagadougou : « C’est ridicule »

A Abidjan où il poursuit sa tournée en Afrique de l’Ouest et participe au 5ème Sommet Union européenne – Union africaine, le président français, Emmanuel Macron est revenu sur le couac qu’il a eu le mardi à Ouagadougou avec son homologue du Burkina Faso Roch Marc Christian Kaboré. Dans un entretien qu’il a accordé à des confrères français depuis le siège de son ambassade à Abidjan, le président Macron a déploré les commentaires qui ont traité de « raciste » sa réaction devant les étudiants burkinabé quand Roch Kaboré s’était levé de la salle alors qu’il l’indexait sur une question de son auditoire. Emmanuel Macron, qui répondait à une question sur l’électrification au Burkina quand il avait constaté que son hôte du jour, peut-être agacé par ses propos, l’abandonnait dans la salle, avait lancé avec un brin d’humour que ce dernier  allait sans doute réparer le climatiseur. Ces propos, certains chefs d’Etat les auraient trouvés blessant de sa part. De quoi offusquer le président français qui qualifié de « ridicule », l’appréhension qu’ils font de ce qui s’est passé dans la salle de l’Université de Ouaga 1. « Tout çà est ridicule. C’est ridicule, d’abord parce que les commentateurs étaient en contact. Vous étiez là, et vous aviez vu qu’il n’y avait rien de ce qui a été commenté. Il y avait simplement l’énergie, la vitalité et la sincérité d’un moment et de son instantanéité », a réagi Emmanuel Macron quelque peu contrarié, qui indexe ceux qui auraient apprécié autrement son geste. « Ce sont eux les vrais paternalistes, parce que c’est considérer qu’on ne peut pas faire d’humour quand on parle à un dirigeant africain », fait noter le patron de l’Elysée.

Mais, aurait-il fait le même humour avec Angela Merkel ? Sur cette question des confrères de Radio France internationale et de France 24, Macron est formel : « Je confirme. J’aurai fait de l’humour avec tout dirigeant européen avec qui j’ai cette relation. Nous n’avons pas ce type de relation avec Angela Merkel. Je l’ai par exemple avec Jean Claude Juncker, je l’ai avec le Premier ministre luxembourgeois. Ça dépend de la relation personnelle ». Quid de Roch Kaboré ? Là-aussi, le président français affirme sa relation décomplexée avec le président burkinabé. « Il se trouve qu’avec Roch Kaboré nous nous entendons bien, et donc nous plaisantons, et d’ailleurs il ne vous aura pas échappé que ça l’a fait rire. Il est d’ailleurs revenu, il a fait un geste en partant ».

Au demeurant, pour le président de l’ancienne puissante coloniale de l’Afrique francophone, l’humour devrait être compris comme une matérialisation de ces relations décomplexées qu’il entend construire désormais avec les dirigeants africains. C’est une façon à lui de tourner la page des blocages à l’époque de la tutelle et de ses colonies. « L’humour, le rire, mais c’est une relation d’égal à égal. C’est-à-dire qu’on peut plaisanter de soi et de l’autre. Voyez bien, il y aurait des sujets interdits quand on vient en Afrique. Il y aurait des vérités qu’on ne pouvait pas se dire. Ça fait partie de ces blocages. On doit pouvoir se dire les choses de manière dépassionnée, et on doit pouvoir aussi plaisanter ». Et Emmanuel Macron de revenir sur ce qui s’est réellement passé et qui continue de susciter des commentaires. « Il se trouve qu’il allait – comme vous l’avez dit très joliment – faire une pause technique, et que la jeune fille m’avait interpellé de manière lyrique sur le fait qu’on allait inaugurer une Centrale solaire mais qu’ici la clim ne marchait pas. Je lui ai dit surtout que la climatisation de l’Université de Ouaga 1, ce n’était pas le président de la République français qui allait la régler, parce que ça n’était pas de mes compétences. La climatisation de Nanterre ou de Paris 1, peut-être », a réaffirmé le locataire de l’Elysée.

F.D.BONY

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