Les «sacrifices» de Soro pour le succès du putsch de Diendéré

Les auditions des enregistrement sonores, dans le cadre du procès du putsch  de septembre 2015, se sont poursuivis vendredi au tribunal militaire avec l’écoute d’une trentaine de conversations téléphoniques du général Gilbert Diendéré dont une avec un interlocuteur présenté comme l’ancien chef du parlement ivoirien Guillaume Soro.

Dans cette conversation, diffusée par le parquet militaire, la voix attribuée à l’ex-président de l’Assemblée nationale ivoirienne Guillaume Soro  demande au cerveau présumé du putsch  de faire un « sacrifice », une sorte de rituel, pour garder ses hommes fidèles, garantir la réussite du putsch  et demeurer à la tête du pays.

« Mon général, tu peux trouver un œuf de poulet ? Le poulet africain, pas les pondeuses là? », demande la voix à Gilbert Dienderé qui demande :  » et je fais quoi? »

« Tu passes ça sur toi et tu parles à l’œuf : moi Diendere, je suis dans une cause qui est juste. Je défends le peuple burkinabé et les jeunes qui m’accompagnent. Qu’aucun ne trahisse et que j’ai la victoire dans l’affrontement qui va venir », explique l’interlocuteur présenté par le parquet comme étant Soro.

Dans une deuxième communication avec la même personne, toujours à la date du 29 septembre, on l’entend dire :  » j’ai payé un cheval et un chameau en ton nom. Là, les gens sont assis à tes côtés. Toi Diendere, tu seras président du Faso. Mais si tu deviens président, et tu m’oubliez, c’est là palabre va commencer « .

Et Diendere  de répondre :  » que Dieu nous garde », avant que les hommes se disent au-revoir sur des rires.

Selon le parquet, Soro était l’homme qui prenait contact avec des chefs d’Etat en vue d’un soutien au général Gilbert Diendere et contribuait à la communication du RSP sur les réseaux sociaux.

Outre ces audios, le parquet militaire a présenté plusieurs autres conversations dont celles entre le général Diendere  et son épouse, avec son fils, avec le défunt vice président du MNLA, Djeri Maiga, et un autre membre du même mouvement malien, Sidi Lamine Oumar.

La plupart de ces interlocuteurs invitait Diendere  à mener le combat ou à quitter le pays.

Boa, Ouagadougou