Les Bleus en quarts de finale de la Coupe du monde après un match fou contre l’Argentine

Les Bleus en quarts de finale de la Coupe du monde après un match fou contre l’Argentine

Les Bleus en quarts de finale de la Coupe du monde après un match fou contre l’Argentine

Dans un match fou, la France a dominé l’Argentine en 8es de finale de la Coupe du monde ce samedi à Kazan (4-3), grâce notamment à un grand Kylian Mbappé. Les Bleus disputeront leur quart de finale contre le Portugal ou l’Uruguay vendredi prochain à Nijni Novogrod (16h00).

Il y a des matches dont on se souvient toute une vie. Celui-là en fera partie. Après Séville (défaite aux tirs au but contre l’Allemagne) en 1982, Guadalajara (victoire aux tirs au but contre le Brésil) en 1986 ou Lens (victoire au but en or contre le Paraguay) en 1998, il y aura désormais Kazan. Victorieuse de l’Argentine (4-3) au terme d’un match d’une intensité démente et au scénario ahurissant, l’équipe de France a écrit une nouvelle page de son histoire, ce samedi. Qualifiés pour les quarts de finale de la Coupe du monde, comme en 2014, les Bleus affronteront l’Uruguay ou le Portugal. En attendant, il va falloir se remettre de nos émotions. Et eux aussi. Car jusqu’au bout, jusqu’à la dernière action, il a fallu se battre et souffrir.

Comme face au Pérou (1-0), c’est dans une ambiance volcanique que la rencontre a débuté. Devant une bonne vingtaine de milliers de supporters argentins en transe, Griezmann et ses partenaires n’ont pas été impressionnés. Ils ont rapidement pris les affaires en main. L’attaquant de l’Atlético de Madrid a d’abord trouvé la transversale sur coup franc (9e), puis à la suite d’un rush supersonique de Mbappé, stoppé irrégulièrement par Rojo, il a ouvert le score sur penalty, avec sang-froid (13e). La furia dans les tribunes s’est tue d’un seul coup. Face à une défense argentine très fragile, lente et souvent mal alignée, les Bleus, agressifs, concentrés et percutants auraient pu prendre le large. Mais à chaque fois, il leur a manqué un petit quelque chose (21e, 30e, 32e et 39e) pour se mettre à l’abri. Comme souvent dans ces cas-là, l’adversaire en profite. Juste avant la mi-temps, Di Maria, esseulé, décochait une frappe lumineuse (41e) pour égaliser. Tout était à refaire.

Le match s’est carrément compliqué peu après la reprise quand, sur un coup franc mal repoussé, Messi a vu sa frappe déviée par Mercado, trompant ainsi Lloris, pris à contre-pied (48e). Avec une demi-occasion, l’Argentine avait marqué deux buts et totalement renversé une situation qui semblait sous contrôle pour les Bleus. Le pire scénario pour les hommes de Deschamps. Dès lors, portée par un public magnifique et un mental de guerriers, plus que par un collectif, à l’image de l’énorme mésentente entre Fazio et Armani (56e), l’Albiceleste tentait de conserver son avantage inespéré. Elle est très vite revenue à la réalité. Car dans les rangs tricolores, les individualités décidaient de tout changer. Une, surtout. Déjà auteur d’une très grosse première période, Kylian Mbappé a inscrit un doublé en quatre minutes (64e et 68e), dans la foulée d’une égalisation géniale de Pavard (57e). C’en était trop pour l’Argentine, K.-O. debout, mais jamais résignée qui réduisait la marque sur la fin par Agüero (90e+3), en vain. Après un tel match au cours duquel elle a montré une belle force de caractère, l’équipe de France a marqué les esprits. Elle peut voir loin.

Messi n’a pas existé
Il y avait donc bien un plan anti-Messi. Pour le «neutraliser», comme annoncé la veille par Deschamps, l’objectif était de couper les lignes de passe en sa direction. Très souvent à deux. Aidé par un partenaire, Kanté s’y est collé toute la rencontre. Et ça a parfaitement fonctionné puisque l’Argentin, positionné en pointe, a dû redescendre très bas dès la première période, pour toucher le ballon. Il ne s’est quasiment montré dangereux, à l’exception du tir qui a amené le deuxième but de son équipe et d’une frappe trop molle en fin de rencontre (85e). Trop seul, il a sans doute dit adieu à ses rêves de soulever un jour la Coupe du monde.

Mbappé dans une autre dimension
Après un an et demi à regarder ses matches, les analyser et à s’étonner parfois qu’un aussi jeune joueur (19 ans) réalise autant de prouesses, on avait fini par s’habituer. Mais cette fois encore, Kylian Mbappé nous a subjugués. Irrégulier depuis le début de la compétition et parfois pointé du doigt pour son manque d’efforts défensifs, l’attaquant a réalisé le match parfait. Un penalty provoqué et un doublé éclair (sur ses deux tirs cadrés) l’ont fait entrer dans la cour des grands. Mais pas seulement. Son énorme travail de repli tout au long du match, ses brèches ouvertes, ses percées qui ont épuisé les défenseurs adverses ont prouvé qu’il était un joueur complet, qui sait faire preuve d’intelligence au bon moment. Avec trois buts inscrits en Russie, il dépasse Griezmann et devient meilleur buteur des Bleus. Comme un autre petit prodige avant lui, un certain Thierry Henry, en 1998.

C’est la première fois de son histoire que l’équipe de France bat l’Argentine en Coupe du monde. Elle s’était inclinée les deux précédentes (0-1 en 1930 et 1-2 en 1978).

Hugues Sionis, à Kazan

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Source : Ivorian

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