Le colostrum, ce précieux lait maternel des premières heures aux vertus pourtant peu connus

Premier lait sécrété par les seins, juste après l’accouchement, et renfermant des éléments nutritifs indispensables au développement autant physique, intellectuel, cognitif qu’affectif du nouveau-né, le colostrum, notamment ses vertus, restent aujourd’hui encore très peu connus d’une grande frange des populations.

Une mauvaise conception sociale, s’appuyant sur son aspect jaunâtre et épais, en fait d’ailleurs du mauvais lait au point où il est conseillé aux nouvelles accouchées, dans certaines contrées, de l’évacuer. Pourtant le colostrum est le « premier vaccin de l’enfant », assure une spécialiste du Programme national de nutrition, Dr Biéni Danielle.

« Il est important que les communautés sachent qu’il ne faut en aucun cas exprimer ce lait pour le jeter parce qu’il est jaunâtre », a-t-elle appelé, en vantant les vertus notamment sa richesse en anticorps, en vitamine A, en fer.

Plus riche et concentré que le lait mature car composé de très peu d’eau, le colostrum contient des acides gras, des vitamines et des sels minéraux. Ce liquide jaune et épais, particulièrement riche, regorge de nutriments indispensables au nouveau-né dans les premières heures de sa vie. Il contient des anticorps (dont la concentration est à son apogée juste après la naissance) qui vont protéger le bébé des infections.

Il participe aussi au développement de la flore intestinale du bébé et facilite la digestion et l’expulsion du méconium (les premières selles).  D’ailleurs, l’odeur du colostrum, mêlée à celle de la peau de la mère, incite le bébé à se diriger vers le sein. Le colostrum que va ingurgiter le nouveau-né, lors de la première tétée, va renforcer son attachement à sa mère et vice versa.

Dr Diéni Danielle intervenait lors d’un briefing d’hommes de médias, dans le cadre de la semaine mondiale de l’allaitement. Elle a loué les bienfaits de la mise au sein du nouveau né, « dans la première heure » qui suit l’accouchement, soulignant le fait que le geste est notamment indispensable pour la mise en route  efficace  du mécanisme de fabrication du lait maternel.

« Du colostrum dépendra ce que l’enfant sera plus tard », a-t-elle insisté, indiquant par ailleurs que son administration est autant un moyen de lutte contre la mortalité infantile que contre  la mortalité des mères. La spécialiste a expliqué le fait notamment que la mise au sein, dans l’heure qui suit l’accouchement, accélère l’expulsion du placenta, réduisant ainsi les risques d’hémorragie la plupart du temps responsables des morts après couche.

La Semaine mondiale de l’allaitement maternel 2018, rendez-vous annuel de promotion de la pratique comme moyen efficace de lutte contre la mortalité infantile (du fait de la malnutrition) a été lancée jeudi. Le thème retenu cette année est « L’allaitement : la base de la vie ».