Guiglo : immoralité Un agent des Eaux et forêts mis aux arrêts pour attouchements sexuels sur mineure

La section du tribunal de première instance de Guiglo, en son audience correctionnelle du mardi 24 juillet 2018, a été sans pitié pour Goita Moussa Dadié, 36 ans, sergent des Eaux et forêts. L’homme en tenue a été condamné à une peine d’emprisonnement ferme de 3 ans.

Cela, pour le délit déshonorant d’attouchements sexuels, sur la personne de K. Aya, une jeune élève-mineure. L’indigne agent vit en ce moment-même, sa pénitence, dans les geôles de la prison civile de Man. Il croupit dans les geôles de la prison civile de Man, au milieu d’un tas de détenus, pour la plupart des parias. Quasiment sans avenir.

De quoi s’agit-il exactement ? Ce jour-là, soit le 29 décembre 2017, expliquent nos sources, le jeune Y. Junior Claver, 19 ans, élève domicilié au quartier « Tapis noir », à Guiglo, va rendre visite à sa petite K. Aya. Après une bonne petite causette « pimentée » de câlins, ils se séparent aux alentours de 11h.

Puis, le jeune garçon rentre à la maison où l’attend sa sœur aînée, A. Clémentine. Cette dernière vient de « Kouamékro », campement situé à quelques encablures du village de Zouan, dans la commune de Guiglo. Si elle est là, c’est pour effectuer des emplettes.

Mais plus tard, après avoir aidé sa sœur à faire ses achats, le jeune homme, aux alentours de 16h, reçoit un message de sa dulcinée. Dans ce mot, elle laisse entendre qu’elle est l’objet de menaces physiques, de la part du sergent des Eaux et forêts,  Goita Moussa Dadié. Un homme qu’il connaît.

Sans plus tarder, l’élève se précipite au domicile de sa petite amie, pour en savoir davantage. Sur place, sa gonzesse lui raconte que le « forestier » l’a brutalisée dans la cour, avant de lui faire des attouchements sexuels.

Surpris et écœuré par une telle attitude à l’égard de son amante, Y. Junior n’entend pas que les choses en restent là. Finalement, l’affaire prend une tournure pénale, et l’agent des Eaux et forêts se retrouve dans les liens de la prévention. Et le mardi 24 juillet 2018, il est à la barre du tribunal devant lequel, il est traîné, à Guiglo. Interrogé, le sergent Goita Moussa Dadié nie les faits de menaces physiques et d’attouchements sexuels. Pour lui, c’est un coup monté de toutes pièces par la jeune fille K. Aya, afin de lui soutirer de l’argent. Et pourtant, précise-t-il, ils entretiennent de très bons rapports. Puis, de rentrer dans les détails. Ses détails à lui.

A l’en croire donc, ce jour-là, il jouait avec la jeune fille, en lui tirant ses nouvelles tresses. Et en prévision à des moments de détente, il lui demande d’aller chercher un peu d’eau de puits pour faire du thé, qu’ils consommeraient tout en échangeant. Mais elle a refusé avant de sortir de la cour.

Quelques instants plus tard, elle revient. Cette fois, flanquée de son mec Y. Junior. Lui les laisse là et va prendre un peu d’air dehors. Ignorant, ajoute-t-il, ce que le jeune couple tramait dans son dos.

Les choses en sont là, poursuit-il, quand aux alentours de 21h, son ami, un pompier civil du nom de C. Wagnowé, lui fait part d’une information qui le dépasse complètement. Selon lui, le soldat du feu lui rapporte que, Y. Junior est venu se plaindre à lui, de ce que lui, l’agent des Eaux et forêts, a violenté sa petite amie K. Aya, avant de la soumettre à des attouchements sexuels. En se permettant de « jouer » avec ses seins et même ses parties intimes, dans lesquelles il est allé jusqu’à introduire ses doigts.

En attendant tout cela, Goita Moussa Dadié dit être tombé des nues. Et tout de suite, il joint K. Aya, pour en savoir un peu plus sur ce qu’il qualifie de montage grossier. L’agent des Eaux et forêts soutient que pour toute réponse, la jeune élève le fait chanter en lui signifiant qu’il n’a qu’une seule alternative, pour voir cette affaire se tasser : qu’il lui achète un téléphone-portable de dernière génération . Et ce n’est pas tout. Qu’il lui assure également des fêtes de fin d’année fastes, en lui remettant une importante somme d’argent.

Pensant à une plaisanterie de mauvais goût, selon ses propres termes, Goita Moussa Dadié avance ne s’être plus intéressé à cette affaire, jusqu’à ce qu’il soit, à sa grande surprise, mis aux arrêts.

Hélas, en dépit de ses dénégations, le tribunal ne le suit pas. Il est plutôt reconnu coupable des faits indécents, et est condamné à 3 ans de prison ferme. Peine accompagnée d’une amende.

Chancelle GOUDALET ( Correspondant régional)