Fièvre de Lassa/ C’est du sérieux: comprenons en 6 points

Une nouvelle alerte menace les pays de l’Afrique de l’ouest, il s’agit d’une fièvre. Pas d’ébola, mais de la fièvre LASSA.

C’est quoi la fièvre Lassa?

La fièvre Lassa est une maladie virale que l’on trouve généralement en Afrique de l’ouest. C’est une fièvre hémorragique aiguë qui dure entre une à quatre semaines.

Ayant été décrit pour la première fois dans les années 1950, le virus à l’origine de la fièvre de Lassa n’a été identifié qu’en 1969. Il s’agit d’un virus à ARN simple brin appartenant à la famille des Arenaviridae.

Environ 80% des personnes contaminées par le virus de Lassa n’ont pas de symptômes. Une infection sur 5 entraîne une atteinte sévère de plusieurs organes comme le foie, la rate et les reins.

Transmission

Le virus de Lassa se transmet à l’homme par simple contact avec des aliments ou des articles ménagers contaminés par l’urine ou les excréments de rongeurs principalemnt le rat.

Le virus se transmet aussi d’une personne à l’autre par contact direct avec les liquides d’une personnes infectée ainsi, qu’avec la litterie et autre objets et vêtements contaminés. Il faut faire attention dans les hôpitaux où les mesures de prévention et de lutte anti-infectieuse laissent à désirer.

La fièvre lassa ne s’attrape pas par les accolades ni les ni par les poignées de main ou en s’asseyant simplement avec une personne.

La maladie touche toutes les tranches d’âge et les deux sexes. Les personnes les plus exposées sont les habitants de zones rurales où vivent des rats Mastomys, rat à mamelles multiples , surtout dans les communautés surpeuplées manquant de moyens d’assainissement. Les agents de santé sont exposés s’ils soignent des patients atteints par la fièvre de Lassa porteurs du virus sans appliquer les techniques de soins protégés de bonnes techniques de soins ni les bonnes mesures de lutte contre l’infection.

Les pays les plus concernés

Pour l’heure, les pays les plus concernés par cette endémie sont le Bénin, le Ghana, la Guinée, le Libéria, le Mali, la Sierra Leone et le Nigéria. Cependant, elle est sans doute présente aussi dans d’autres pays d’Afrique occidentale. D’ou, l’appel des autorités ivoiriennes à la prudence et à la vigilance.

Symptômes de la fièvre de Lassa

La durée d’incubation varie de 2 à 21 jours. Le contaminé présente un début généralemnt progressif: fièvre, une faiblesse généralisée et un mauvais état général. Après quelques jours, les malades peuvent présenter des céphalées, une irritation de la gorge, des myalgies, des douleurs thoraciques, des nausées, des vomissements, des diarrhées, une toux et des douleurs abdominales.

Dans les cas graves, un œdème de la face, une pleurésie, une hémorragie buccale, nasale, vaginale ou digestive et une hypotension peuvent apparaître. Une protéinurie est possible. À un stade tardif, on peut trouver un état de choc, des convulsions, des tremblements, une désorientation pouvant aller jusqu’au coma. La surdité survient chez 25% des malades qui survivent à la maladie. La moitié d’entre eux recouvrent en partie l’ouïe au bout d’un à trois mois. On peut observer des chutes de cheveux passagères et des troubles de la marche au cours de la convalescence.

Dans les cas mortels, le décès survient généralement dans les 14 jours qui suivent l’apparition des symptômes. La pathologie est particulièrement grave lorsqu’elle se déclare en fin de grossesse, le décès de la mère et/ou du fœtus survenant dans plus de 80% des cas observés durant le troisième trimestre.

 

Que faire quand on a un malade 

L’évolution clinique de la maladie étant très variable, la détection de la maladie chez les personnes touchées est difficile. Cependant, quand la présence de la maladie est confirmée dans une communauté, l’isolement rapide des sujets touchés, de bonnes pratiques de protection contre l’infection et le suivi rigoureux des contacts peuvent permettre d’endiguer la flambée.

Le traitement antiviral à la ribavirine semble efficace s’il est administré au début de l’évolution clinique. Rien ne permet d’affirmer que ce médicament a une quelconque utilité en prophylaxie post-exposition.

Actuellement, aucun vaccin ne protège contre la fièvre de Lassa.

Prévention et lutte anti-infectieuse

Vu qu’aucun vaccin n’est encore disponible, il est impératif d’adopter une bonne «hygiène communautaire».

– Eviter que les rongeurs ne pénètrent dans les habitations. Bien protéger les restes d’aliments, éviter la manupilation et la consommation des rats, éliminer des ordures aux abords des habitations, se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon, éviter tout contact avec une personne suspecte ou malade de la fièvre Lassa, éviter tout contact avec les selles, l’urine, la salive, les vomissures et les objets contaminé suspecte, malade ou décédée de la fièvre Lassa, Dès les premiers signes de symptomes précités, se rendre à l’hôpital immédiatement. Le traitement est efficace, s’il est administré dès les premières heures.

– En milieu médical, le personnel doit toujours prendre les précautions d’usage en matière de prévention et de lutte contre les infections associées aux soins quand il s’occupe des patients, quel que soit le diagnostic présumé. Ces précautions comprennent les règles de base en matière d’hygiène des mains, l’hygiène respiratoire, le port d’un équipement de protection individuelle (pour se protéger des éclaboussures ou d’autres contacts avec des matières contaminées), la sécurité des injections et des rites funéraires.

Les agents de santé qui s’occupent de cas présumés ou confirmés de fièvre de Lassa doivent prendre des mesures supplémentaires de lutte anti-infectieuse pour éviter tout contact avec le sang ou les liquides biologiques du patient et avec les surfaces ou les matériaux contaminés comme les vêtements et le linge de lit. Lors des contacts proches avec les malades (à moins d’un mètre), ils doivent porter une protection du visage (écran facial ou masque chirurgical et lunettes de protection), une blouse propre, non stérile, à manches longues et des gants (stériles pour certains actes médicaux).

Le personnel de laboratoire est également exposé au risque. Les échantillons prélevés chez l’homme ou les animaux pour rechercher l’infection par le virus de Lassa doivent être manipulés par un personnel qualifié et analysés dans des laboratoires utilisant des conditions de confinement les plus rigoureuses possibles.

Parfois des voyageurs en provenance de zones d’endémie exportent la maladie dans d’autres pays. Bien que le paludisme, la fièvre typhoïde et de nombreuses autres infections tropicales soient bien plus courantes que la fièvre de Lassa, il conviendra d’envisager ce diagnostic chez les patients fébriles qui reviennent d’Afrique occidentale, notamment s’ils se sont rendus dans des zones rurales ou des hôpitaux de pays où l’on sait que la fièvre de Lassa est endémique. Les agents de santé qui voient un cas suspect doivent immédiatement prendre contact avec les experts locaux ou nationaux pour demander conseil et organiser les tests de laboratoire.

 NB: Aucun cas de fièvre Lassa n’a été encore détecté en Côte d’Ivoire. Cependant, restons vigilant et prévenants. La fièvre Lassa ne doit pas passer par la Côte d’Ivoire.