Désordre au sein de l’Armée Ivoirienne : l’ex-Commandant de la Force Licorne accuse Ouattara

Les dernières querelles interarmées qui se sont déroulées à Bouaké, ont mis à nue les problèmes qui minent les Forces Armées de Côte d’Ivoire (FACI). Selon Bruno Clément-Bollée, ex-Commandant de la Force Licorne (Bataillon militaire Français) en Côte d’Ivoire, l’Armée Ivoirienne va mal et le fautif, c’est le Chef de l’Etat ivoirien. Il estime que celui-ci aurait commis des graves erreurs lors de la réforme de l’Armée ivoirienne. Ce Général, de l’Armée Française, estime que le fait qu’Alassane Ouattara ait mis de côté certains généraux, pourtant qualifiés et bien formés, parce que ceux-ci ayant servi Gbagbo, est la cause du désordre au sein des FACI.

Il s’exprimait, ce vendredi 12 janvier, matin sur les ondes de Radio France Internationale (RFI). Bruno Clément-Bollée, général français, ex-commandant de la Force Licorne en Côte d’Ivoire, accuse Alassane Ouattara d’être à la base du malaise qui secoue l’Armée ivoirienne. Selon lui, l’erreur de Ouattara a été d’avoir mis de côté, certains généraux de l’armée ivoirienne, lors de la réforme de celle-ci. Tout simplement parce que ces généraux avaient servi, Laurent Gbagbo, l’ex-Chef d’Etat ivoirien.

« Au moment de la sortie de crise, tout l’encadrement de l’armée du président Gbagbo était en fait constitué de cadres qui avaient été formés un peu partout, en Europe, aux États-Unis. Quand on a reformé l’armée, on s’est méfié de ces cadres qui avaient servi l’autre président et on les a écartés. On ne fait pas, du jour au lendemain, avec des caporaux-chefs des commandants de bataillon. Ce sont des soldats qui n’ont pas eu de formation initiale. Vous imaginez que, sans formation initiale, l’éthique et le comportement qu’on peut attendre de ces soldats ? », a déclaré le Général Français, Bruno Clément-Bollée au micro de RFI.

Pour l’ex-Commandant de la Force licorne en Côte d’Ivoire de 2007 à 2008, la mise à l’écart des généraux ivoiriens ayant servi Laurent Gbagbo lors de la crise postélectorale, fut une grosse erreur de la part du pouvoir en place. Car, il estime que l’absence de ces généraux bien formés et expérimentés qui ont servi sous l’ancien régime est une des causes du désordre observé au sein des forces armées de Côte d’Ivoire (FACI).