Des pro-Soro déçus de Ouattara, se confessent: «Le pouvoir conduit inexorablement la Côte d’Ivoire vers l’abîme»

Pour la plupart tranfuges du RDR, des partisans du président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, réunis au sein du Mouvement pour la promotion des valeurs nouvelles en Côte d’Ivoire (MVCI), ont vivement dénoncé la condamnation par la justice du député Alain Lobognon malgré son immunité parlementaire. Dans une déclaration dont Linfodrome a reçu copie, son Président du Grand Conseil Sekongo Felicien en appelle à l’intervention de la communauté internationale face aux dérives dictatoriales actuellement en cours. Ci-dessous l’intégralité de la déclaration.

 

Placé sous mandat dépôt depuis le 15 Janvier 2019, suite à un tweet, l’ex Ministre, député de Nation, Vice-président du MCVI, l’honorable Alain LOBOGNON a été condamné (le) 29 Janvier 2019, à douze (12) mois de prison ferme avec trois cent mille (300 000) francs CFA d’amende par le Président du tribunal de première d’instance d’Abidjan Plateau. Pour rappel, il lui est reproché une divulgation de fausses nouvelles et une incitation aux troubles à l’ordre public. Pour procéder à l’arrestation de Monsieur LOBOGNON Agnima Alain Michel, Député, sans demander la levée de son immunité, le Procureur de la République a évoqué le flagrant délit;

Notons que le tweet, dont le contenu est reproché au Vice-président du MVCI, a été fait le Mardi 09 Janvier 2019 à 21h29, et que c’est le vendredi 11 Janvier 2019 que Monsieur le Procureur évoquera le flagrant délit. Le même jour, une convocation sera déposée à l’Assemblée Nationale pour être remise à l’intéressé ; Selon l’article 53 ancien ou 77 nouveau du code de procédure pénale « est qualifié de crime ou délit flagrant, le crime ou délit qui se commet actuellement, ou qui vient de se commettre. Il y’a aussi crime ou délit flagrant lorsque, dans un temps très voisin de l’action, la personne soupçonnée est poursuivie par la clameur publique ou est trouvée en possession d’objets, ou présente des traces ou indices, laissant penser qu’elle a participé au crime ou délit » ;

Cette définition du flagrant délit nous emmène à conclure que la flagrance ne peut être mise en avant dans le cas de notre camarade. En outre, il nous faut préciser que notre camarade est ancien membre du gouvernement Ivoirien et que le Ministère public a saisi le Tribunal des flagrants délits pour connaître des faits reprochés à Monsieur LOBOGNON Alain ; Or, les articles 7 et 44 de la loi numéro 2005-201 du 16 Juin 2005 portant statut d’ancien Président de la République, d’ancien Chef ou Président d’Institution et d’ancien membre du Gouvernement, un ancien ministre ne peut être poursuivi selon la procédure de flagrant délit sauf le cas d’atteinte à la sureté de l’État.

Aussi, observons que l’honorable LOBOGNON Alain est Député de la nation, et que l’article 92 de la constitution dispose que « aucun membre du parlement ne peut, pendant la durée des sessions, être poursuivi ou arrêté en matière criminelle ou correctionnelle qu’avec l’autorisation de la chambre dont il est membre, sauf le cas de flagrant délit ». Il apparait dès lors clairement que l’ex ministre, l’honorable député, Vice-président du MVCI est couvert par deux types d’immunités. En choisissant de passer outre ces immunités, violant la constitution ivoirienne, foulant nos lois, le Mouvement pour la promotion des Valeurs nouvelles en Côte d’Ivoire (MVCI) retient que le procès intenté à son Vice-Président LOBOGNON Agnima Alain Michel, est un procès politique.

Pour le MVCI, le procès intenté au député LOBOGNON Agnima Alain Michel traduit un déni de justice, une volonté déterminée de violer les droits de l’homme. Ce procès atteste de l’anéantissement total des libertés individuelles et collectives et traduit une intime volonté du régime de bâillonner le peuple de Côte d’Ivoire, renforçant ainsi, un autoritarisme qui rappelle les périodes sombres de notre pays. A cet égard, l’attitude des tenants du pouvoir d’Abidjan face aux nombreux défis du moment, pose la question des libertés publiques et de l’Etat de droit. En s’obstinant à refuser le plein exercice de la justice en Côte d’Ivoire, le régime continue de démontrer à la face du monde qu’il n’est pas une alternative crédible pour l’avènement de la démocratie et de l’Etat de droit.

Le MVCI appelle à l’union des forces démocratiques et à l’unité d’actions pour vaincre les ennemis de la paix en agissant afin d’éviter à notre pays cet Etat de non droit. Car comme l’avait présagé le député LOBOGNON Agnima Alain Michel illégalement incarcéré dans une de ses déclarations : «Nous sommes tous des prisonniers en sursis». Le MVCI appelle à l’action des démocrates pour faire barrage à la dictature que le pouvoir ambitionne imposer aux ivoiriens. «2020 est plié, bouclé, géré et calé » est un parfait aveu de la destinée désolante que les tenants du pouvoir programment pour notre pays. L’ouverture du débat sur la réforme de la CEI est un leurre.

Le MVCI prend à témoin les guides religieux, les Rois et les chefs traditionnels de ce que le pouvoir conduit inexorablement la Côte d’Ivoire vers l’abîme. Le MVCI recommande à la communauté internationale et aux amis de la Côte d’Ivoire, de prendre toutes leurs responsabilités. Il faut qu’ils jouent leur rôle pour éviter que l’on finisse par croire qu’ils cautionnent les dérives du régime d’Abidjan, qui tue sans scrupule l’Etat de droit.

AGIR POUR LE PEUPLE, NOTRE DEVOIR !

Abidjan, 30 Janvier 2019
MVCI
Président du Grand Conseil
SEKONGO K. Felicien