Découvert mort à la plage : Le corps d’un élève enlevé par des inconnus à la morgue

Dame B.G. Annabelle Aimée ne sait pas à quel saint se vouer. Son fils, Zadi Emmanuel Prince Armand, 14 ans, élève admis en classe de 4ème au collège moderne de l’Autoroute, porté disparu, a été retrouvé mort sur la plage de Gonzagueville, dans la commune de Port-Bouët. Mais a que sa mère pensait encore revoir, pour une dernière fois son fils, ne serait-ce que sa dépouille, elle apprend, à la morgue du Chu de Treichville, que le corps de son Prince Armand a été enlevé par quelqu’un d’autre. Comment comprendre cette affaire ?

Selon Annabelle Aimée, la trentaine révolue, que nous recevons dans nos locaux, en Zone 4 C, Rue Louis Lumière, le jeudi 2 août 2018, peu après 15h, tout part du lundi 2 juillet 2018. Dès 6h du matin ce jour-là, elle quitte son domicile, à Adjouffou, dans les environs du Centre espoir II. Direction, le lycée moderne de Koumassi où elle doit affronter les épreuves du Baccalauréat, en candidate libre. En effet, certes la jeune dame assure la gestion d’une entreprise appartenant à son oncle, mais elle veut avoir ce diplôme qui pourrait lui ouvrir d’autres opportunités. Surtout avec trois enfants à charge.

Elle part de la maison en laissant dernière elle, ses trois enfants, notamment l’aîné, âgé de 17 ans, et la dernière qui,elle, n’a que 3 ans. Revenue le soir aux environs de 21h, après un tour à son job, la jeune dame constate que tout est noir. Ses deux fils n’étant pas là, leur petite sœur est chez la voisine, où elle a l’habitude de la garder. Peu après, arrive le plus grand. Et son frère alors ?

Le jeune homme explique qu’après le départ de leur mère, lui et son frère se sont suivis jusqu’à l’autoroute. Et alors que lui s’en allait à son job de vacance, son jeune frère demeure, en bordure de la grande voie, à la gare, où l’oncle paternel de ce dernier exerce en tant que « syndicat ». Et il ne s’est nullement inquiété, vu que c’est là qu’Emmanuel Prince Armand passe souvent son temps.

On pense alors qu’il va rentrer d’un moment à l’autre, même si ce n’est pas dans ses habitudes de traîner dehors. Mais hélas, l’attente devient longue et se met à sa recherche. Toute la nuit, en vain. Le lendemain, la jeune maman part composer mais elle a toutes ses idées focalisées sur son fils, porté disparu. Et elle raccroche. Désormais flanquée des siens, voisins et autres riverains, elle investit pratiquement toute la commune, tout en placardant des affiches avec la photo de l’enfant. Non sans avoir saisir la police.

Et alors qu’elle souffre terriblement et espère revoir son fils vivant, le mardi 10 juillet 2018, la triste nouvelle, comme un coup de massue, tombe sur elle. En effet, elle apprend que son fils a été retrouvé à la plage, rejeté par les eaux de la mer. Évidemment mort. Et que les pompes funèbres, après le constat d’usage des forces de l’ordre, ont enlevé le corps pour son transfert à la morgue.

Dame Annabelle Aimée, tremblant de tout son corps, descend immédiatement à la morgue de Port-Bouët, et se fait expliquer que pour les corps non identifiés, c’est le Chu de Treichville qui les accueille. Sans demander son reste, elle effectue le déplacement jusqu’au centre suscité. Ici, on lui recommande plutôt d’aller à la police pour prendre une autorisation. Ce qui est fait. Mais lorsque le grand-père du défunt retourne avec ce document aux environs de 17h, c’est pour s’entendre dire de revenir le lendemain, parce que la structure a déjà fermé ses portes.

Qu’à cela ne tienne, le mercredi 11 juillet 2018, il se présente à nouveau, très tôt le matin, à la morgue de Treichville et là, il tombe des nues, lorsqu’on lui apprend que le corps de son petit-fils a été enlevé par quelqu’un d’autre. Mais qui peut-il agir au nom de la famille ? Un ressortissant d’un pays voisin, qui s’est présenté comme étant le père de l’enfant, et qui aurait laissé un numéro de téléphone-portable. Mais depuis lors, ce numéro ne passe pas.

Qui a donc enlevé le corps du jeune Zadi Emmanuel Prince Armand ? C’est à cette grande interrogation que la jeune mère meurtrie et les siens cherchent une réponse. Pourtant, elle a bel et bien identifié son enfant sur la photo prise après la découverte de son corps sur la plage. Mieux, ses vêtements ont été retrouvés là. C’est pourquoi elle interpelle les autorités compétentes, afin de l’aider à retrouver le corps de son fils, dont elle doute désormais de la thèse de sa mort par noyade.

« Est-ce qu’on la tué avant de balancer son corps dans la mer ? », s’interroge-t-elle. Raison pour laquelle, insiste-t-elle : « Il me faut retrouver le corps de mon fils pour mieux comprendre. » En attendant, c’est la mort dans l’âme que la malheureuse B.G. Annabelle Aimée passe des nuits blanches.

 

Madeleine TANOU