CPI-Libérté conditionnelle: Les 8 pays européens sollicités pour recevoir Blé Goudé, Gbagbo en route pour Bruxelles

Libérés sous conditions, vendredi 1er février 2019, par la chambre d’appel de la Cour pénale internationale, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, connaissent des fortunes diverses. Si l’ex-chef d’État s’est trouvé un pays d’accueil, la Belgique, où il a de la famille, son ancien ministre de la jeunesse est toujours dans l’expectative.

Le séjour néérlendais de Charles Blé Goudé devrait être un peu plus long que celui de Laurent Gbagbo, en route pour Bruxelles. Selon les informations recueillies par L’inter, huit pays européens ont été sollicités pour recevoir l’ancien leader estudiantin : l’Italie, l’Allemagne, le Royaume Uni, la Grèce, l’Irlande, la Suède, la Suisse et le Luxembourg. Ces huit (8) pays d’Europe occidentale ont la particularité d’être des Etats parties au statut de Rome de la Cour pénale internationale (Cpi). A ces 8 pays, on pourrait ajouter la Belgique.

Mais cette dernière option est peu probable, selon nos sources. Les propositions pour le pays d’accueil peuvent émaner de la personne concernée mais aussi du greffe de la Cpi. Le greffier de la Cour, Peter Lewis, a été chargé d’identifier et de conclure des accords avec les États disposés à accepter Laurent Gbagbo ou Blé Goudé sur leur territoire. Dans l’attente d’une réponse favorable de la part de l’un Etats sollicités, Charles Blé Goudé demeure à La Haye, dans une résidence transitoire, en fait, un établissement hôtelier.

Explications.  Pourquoi alors que Laurent Gbagbo s’est vite trouvé un pays d’accueil, Charles Blé Goudé se voit dans l’obligation de patienter ? Me Kouadio N’Dry Claver, l’avocat ivoirien de l’ex-leader des jeunes patriotes, a fourni des explications à l’Agence France presse : « M. Blé Goudé n’a fait aucune demande de liberté provisoire pendant sa détention, contrairement au président Gbagbo qui en avait 13 (…) Il faut laisser le temps à la machine diplomatique ».

Le pays qui acceptera d’accueillir Charles Blé Goudé est supposé faire respecter les conditions fixées par la chambre d’appel. Ces conditions s’appliquent aussi à Laurent Gbagbo, futur résident de la Belgique. Parmi ces restrictions, figurent la limitation des déplacements, l’interdiction de faire des déclarations en rapport avec l’affaire jugée devant la Cpi…l’interdiction de contacter directement, ou par l’intermédiaire d’une autre partie (hormis les avocats), l’accusation ou les témoins.

Selon la Cpi, ces conditions sont imposées pour protéger l’intégrité du processus judiciaire. S’il est vrai que l’ancien chef d’État et l’ex-leader des jeunes patriotes ont, tous deux, été acquittés en première instance, le 15 janvier, il n’en demeure pas moins vrai qu’ils n’ont pas totalement fini avec la Cpi. L’accusation attend de recevoir le document motivé des juges de la chambre de première instance avant un éventuel appel du verdict d’acquittement. « Ce n’est qu’après un examen et une analyse approfondis de ces motifs que mon bureau va décider ou non d’interjeter appel », a déjà expliqué la procureure de la Cpi Fatou Bensouda. A la majorité, les juges de première instance avaient estimé que les preuves présentées par l’accusation étaient « exceptionnellement faibles ». Un juge, sur les trois, avait exprimé une opinion dissidente.

Kisselminan COULIBALY