Couverture maladie universelle : Tout sur l’état d’avancement de la mise en œu

Garantir l’accès à des soins de santé de qualité à l’ensemble de la population en Côte d’Ivoire dans des conditions financières soutenables, c’est l’objectif de la Couverture maladie universelle (Cmu). Depuis 2014 jusqu’à ce jour, le projet tarde à entrer dans sa mise en œuvre effective à l’échelle nationale.

La Cmu étant un projet national et d’envergure, une phase d’expérimentation a été lancée pour éprouver le dispositif et tous les outils de gestion déployés (contrôle biométrique, édition des feuilles de soin, échange de flux de données entre les différents acteurs de l’écosystème de la Cmu) avant sa généralisation. Cette phase expérimentale concerne la population estudiantine estimée à 150.000 personnes. Vendredi 6 juillet 2018, au siège de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) au Plateau, Mme Koné Karidja épouse Bamba, directrice de l’affiliation à la Cnam, a confié que les établissements sanitaires identifiés pour la phase expérimentale couvrent les trois niveaux de la pyramide sanitaire, à savoir les Hôpitaux généraux (Hg), les Centres hospitaliers régionaux (Chr) et les Centres hospitaliers universitaires (Chu). Cela pour éviter l’engorgement des structures sanitaires de 3ième niveau (Chu). Elle a révélé qu’à ce jour, 111.013étudiants ont été enrôlés sur 150.000 étudiants. Le dispositif de distribution des cartes a été déployé sur 60 sites et a permis à 60.549étudiants de retirer effectivement leurs cartes d’assuré Cmu. Elle a précisé que les cotisations des étudiants enrôlés sont prises en charge par l’Etat de Côte d’Ivoire, à travers la Cnam, et cela pour la durée de la phase expérimentale initialement prévue pour 6 mois. Par ailleurs, 27 centres de santé des 3 niveaux de la pyramide sanitaire ont été agréés pour permettre une prise en charge progressive des patients étudiants, avec 10 centres de santé universitaires.

Ces centres ont fait l’objet de réhabilitation et le personnel reçoit les formations nécessaires à la prise en charge des assurés Cmu. Dans ce cadre-là, 82.236 prestations ont été délivrées pour 29.796personnes qui se sont rendues dans les différents centres de santé de la phase pilote. Pour ce qui concerne l’ensemble de la population vivant en Côte d’Ivoire, du 30 décembre 2014 au 30 juin 2018, ce sont au total 1.040.436 personnes qui ont été enrôlées à la Cmu sur environ 22 millions d’habitants en Côte d’Ivoire. Un faible taux d’enrôlement qui s’explique par plusieurs facteurs.
D’abord, les populations manifestent très peu d’intérêt pour ce projet. Pourtant, le déploiement du dispositif technique d’enrôlement a démarré depuis novembre 2014. Et l’enrôlement s’effectue avec 400 kits dont 250 kits fixes 150 kits mobiles déployés dans 127 sites d’enrôlement repartis sur l’ensemble du territoire national. L’autre raison est en rapport avec le cadre juridique de la Cmu. Sur les 11 décrets d’application de la loi n°2014-131 du 24 mars 2014 instituant la Cmu, 10 décrets ont été adoptés. Seul le décret portant sur le statut d’indigence reste à être adopté. Il est aussi prévu des arrêtés d’application à l’ensemble de ces décrets.

Panier de soins. A la suite de Koné Karidja épouse Bamba, le docteur Christian Brou, directeur des prestations à la Cnam, s’est appesanti sur le panier de soins de la Cmu. Il a rappelé que la cotisation à la Cmu de 1000 fcfa par personne et par mois. Puis, il a expliqué que sur la base du profil épidémiologique de la Côte d’Ivoire, 18 groupes de pathologies ayant le plus d’impact sur la santé des Ivoiriens, correspondants à 15 spécialités et 170 pathologies, ont été identifiés. « Compte tenu de la modicité de la cotisation, nous avons exclu, en grande partie du panier de soins, les traitements (notamment en médicament) des pathologies chroniques (diabète, hypertension artérielle, etc.) et des pathologies lourdes et récurrentes en termes de prise en charge (cancer, etc.). L’exclusion des pathologies chroniques n’est cependant pas totale. Certains actes de diagnostic de ces maladies sont communs avec les pathologies ciblées par le panier de soins. Ils seront donc pris en charge par la Cmu», a fait remarquer le Dr Christian Brou.

Il a révélé que le panier de soins est constitué de 220 prestations des soins calibrés pour couvrir les 170 pathologies. Les consultations sont réalisées par les infirmiers, sages-femmes, médecins généralistes et de spécialités (pédiatre, gynécologue etc). Au niveau des examens para-cliniques, 58 examens de biologie, 25 actes d’exploration (échographie, radiologie…) ont été identifiés. Les urgences médicales, pédiatriques, chirurgicales, gynéco-obstétricales ont également été prises en charge avec 68 actes de chirurgie avec les kits chirurgicaux correspondants, et 168 molécules appartenant à la quasi-totalité des médicaments de la liste nationale des médicaments essentiels.

« L’ensemble des professionnels de la santé ont été codifiés et intégrés dans le système d’information de la Cnam. Le conventionnement des professionnels de santé se fera à travers les centres de santé conventionnés », a souligné le directeur des prestations.

Franck SOUHONE