AVC (Accidents vasculaires cérébraux ): signes d’alerte, traitements, prévention/Ce qu’il faut savoir

AVC (Accidents vasculaires cérébraux ): signes d’alerte, traitements, prévention/Ce qu’il faut savoir

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A l’occasion de la Journée mondiale des AVC (29 octobre), le Pr Jean-Louis Mas* rappelle comment prévenir et traiter ce fléau.

Pr Jean-Louis Mas. Environ 140 000, dont 75 % de premiers AVC et 25 % de récidives. C’est la deuxième cause de décès, la première de handicap physique et la deuxième de démence (après la maladie d’Alzheimer) !

Y a-t-il différentes catégories d’AVC ?
Dans 80 % des cas, il s’agit d’un infarctus (mort de neurones) lié à l’occlusion brutale d’une artère cérébrale par un caillot sanguin (thrombus). Dans 20 % des cas, c’est une hémorragie par rupture d’une artère dans le cerveau (hémorragie cérébrale, 15 %) ou autour du cerveau, dans les méninges (hémorragie méningée, 5 %). De nombreuses causes (athérosclérose, embolie, anévrysme…) sont à l’origine d’infarctus ou d’hémorragies.

Pourriez-vous résumer les principaux facteurs de risque ?
Il existe des facteurs médicaux, souvent silencieux, comme l’hypertension artérielle, le diabète, l’hypercholestérolémie et la fibrillation atriale (contraction rapide et irrégulière des oreillettes cardiaques). D’autres facteurs sont liés au mode de vie, comme le tabac, l’obésité, la sédentarité, l’alcoolisme ou une alimentation trop riche en sel, graisses animales et sucres, pauvre en fruits et légumes.

Quels sont les signes d’alerte les plus typiques et que faire alors ?
Selon la région du cerveau affectée, les signes sont très divers mais tous ont en commun leur survenue brutale, d’où l’expression “attaque cérébrale”. Les plus fréquents sont : une paralysie ou une perte de sensibilité de la face ou des membres, le plus souvent d’un côté du corps, une difficulté à parler, à trouver les mots ou à comprendre, une perte partielle ou complète de la vision d’un œil ou du champ visuel droit ou gauche, un mal de tête brutal et intense. Il faut alors vite appeler les secours en composant le 15, même si les signes s’atténuent ou disparaissent en quelques minutes.

En quoi consiste la prise en charge et quels sont ses points forts ?
L’AVC est une urgence médicale dont la prise en charge est au mieux réalisée dans une unité neuro-vasculaire spécialisée. Il en existe aujourd’hui près de 140 en France. Le télé-AVC permet aux établissements qui en sont dépourvus de bénéficier d’une expertise neuro-vasculaire ; il rend possible la coopération entre le médecin recevant le patient et l’expert à distance qui pourra l’assister en urgence en matière de diagnostic et de traitement. 1. En cas d’infarctus, l’injection par voie intraveineuse d’un médicament visant à dissoudre le caillot (thrombolyse) permet, si elle est réalisée dans les quatre à cinq heures après le début des symptômes, d’obtenir une récupération quasi complète chez un tiers des patients. 2. Pour les occlusions des artères cérébrales de gros calibre, on peut désormais adjoindre à la thrombolyse une thrombectomie dans les six premières heures qui consiste à enlever mécaniquement le caillot grâce à un dispositif introduit dans l’artère sous contrôle radiologique. C’est alors 45 % des patients qui récupèrent une autonomie ! 3. En cas d’hémorragie, l’évacuation chirurgicale de l’hématome peut parfois être réalisée. 4. En cas d’anévrysme rompu, l’injection endovasculaire de petites spires métalliques dans l’anévrysme induit une coagulation et colmate la brèche.

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Comment prévenir les AVC ?
Qu’il s’agisse d’éviter un premier AVC ou sa récidive, la prévention repose sur la détection des facteurs de risque et des maladies causales (hypertension, diabète, hypercholestérolémie, athérosclérose, fibrillation auriculaire…), sur leur traitement et sur une bonne hygiène de vie.

.parismatch

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