Affaire Ehouo-Lobognon en Côte d’Ivoire: bras de fer à l’Assemblée nationale

En Côte d’Ivoire, le maire du Plateau récemment élu Jacques Ehouo est toujours inculpé pour détournement de fonds et faux en écriture, inculpé mais pas arrêté du fait de son immunité parlementaire de député. Et c’est justement au niveau de l’Assemblée nationale que s’est déporté ce feuilleton politico-judiciaire.

Cette semaine, l’affaire Ehouo présentait des aspects plus politiques que judiciaires. Mercredi 16 janvier, le bureau de l’Assemblée nationale a voté contre la levée de l’immunité du parlementaire, rejetant ainsi la demande du procureur de la République et permettant au parlementaire inculpé de rester libre.

Un vote que dénonce dès le lendemain le groupe RDR, le parti au pouvoir. Dans un courrier adressé au ministre de la Justice, le président des députés de la majorité Mamadou Diawara affirme que les conditions du scrutin sont contraires aux lois de la Chambre. Il demande donc au garde des Sceaux de tirer les conséquences de ce vote qu’il estime nul et non avenu.

Vendredi, le bureau de l’Assemblée dénonce à son tour dans un communiqué l’attitude du chef des députés RDR, qu’il considère aussi comme une violation des règles, de l’éthique et de la déontologie parlementaires.

Cette passe d’armes épistolaire intervient dans un contexte politique tendu depuis que le PDCI d’Henri Konan Bédié s’est séparé de la coalition présidentielle d’Alassane Ouattara. Pour le PDCI, l’exécutif veut s’assurer le contrôle du riche quartier d’affaires du Plateau, en s’acharnant sur son maire élu en octobre dernier. Pour le garde des Sceaux, il s’agit simplement de l’application de la loi.

Les désaccords entre le chef de l’Etat et Guillaume Soro expliqueraient aussi cette crise du législatif, d’après les proches du président de l’Assemblée nationale, alors que le député Alain Lobognon, un familier de Soro, est incarcéré depuis mardi pour divulgation de fausses nouvelles.