Abobo : ne supportant pas leur rupture: Il se suicide en s’éventrant au domicile de son ex-petite amie

Quand un cœur amoureux est à la peine, il peut conduire à agissements terribles. Comme cette dramatique scène dans laquelle l’acteur principal, pris dans le tourment d’un dépit amoureux, n’a pas hésité à se zigouiller en direct, comme on le dit dans le jargon de la rue. Un tragique fait qui apparaît comme le scénario d’un film, mais hélas qui est bien une triste réalité.

Nous sommes le dimanche 30 septembre 2018, à Akéikoi-village, dans la commune d’Abobo. En cette journée dominicale, il est environ 14h. Et à cette heure-là, rapportent nos sources, le nommé Kramo Koffi, chauffeur qui habite le quartier, part de chez lui. Mais avant, il se munit de deux couteaux bien aiguisés. Pour en faire quoi ? En tout cas, dans son visage, on sent que l’heure n’est pas à la joie. On y lit éloquemment la peine, mais aussi la colère.

De fait, indiquent toujours nos sources, depuis environ deux mois, l’homme, âgé de 38 ans, souffre moralement de l’absence à ses côtés de G. Mireille, une jeune commerçante qui est sa petite amie. Depuis deux mois, cette dernière a rompu leurs relations amoureuses. Elle ne veut plus de lui. Est-elle amoureuse d’un autre homme, en qui elle voit des qualités supérieures à celles de Kramo Koffi ? Nos sources n’en savent rien. En tout cas, le pauvre chauffeur vit un terrible « goumin-goumin », comme l’indique le langage populaire ivoirien, pour parler des personnes en proie à des dépits amoureux.

On l’a donc dit, il est 14h, lorsque Kramo Koffi, parti de son domicile, pointe au logis de G. Mireille, son ex-petite amie, qui l’a largué il y a 60 jours. 60 jours qu’il est sevré de son amour. Une fois face à la jeune dame, devant des témoins, le chauffeur décline sa volonté, du moins son exigence de la voir à nouveau dans ses bras, pour un nouveau départ.

Mais apparemment, G. Mireille a déjà tourné la page. Pour elle, c’est terminé et bel et bien terminé avec Kramo Koffi. Elle ajoute qu’elle ne veut plus de lui, pas parce qu’elle est amoureuse d’un autre homme. Non. Tout simplement parce qu’elle ne supporte plus les actes de barbarie et de violence perpétrés sur sa personne par son ex-amant. Un homme qui, pour un oui ou un non, la passe à tabac. Et craignant donc que ces violences n’aboutissent un jour à son péril, elle préfère donc le quitter.

Mieux vaut mourir…

Face à ce revers essuyé depuis de nombreux jours déjà, le pauvre martèle qu’il va se suicider, si jamais cette jeune dame qu’il n’a jamais cessé d’aimer ne revenait pas sur sa décision. La commerçante croyant à du bluff, campe sur sa position. Hélas, elle n’aurait pas dû. Elle aurait pu donner une autre chance à ce malheureux dont le cœur est brisé. Un cœur brisé, désormais dégoûté de la vie.

Et là, soudainement devant des témoins, Kramo Koffi sort ses deux couteaux. Et à la stupéfaction de tous, il use de l’une de ces armes blanches et se l’enfonce violemment dans l’abdomen, avant de tirer dessus, de façon horizontale. L’infortuné qui vient ainsi de s’éventrer, s’écroule.

De nombreux témoins de la scène, dont la jeune femme pour qui malheur vient de se produire, sont comme fous. Certains, hurlant, courent dans tous les sens. Et dans tout cela, personne n’aura le temps de conduire le blessé à l’hôpital. Car la mort de Kramo Koffi survient quelques instants seulement après.

Informés, des agents de police se rendent sur place et trouvent étendu sur le dos, le corps sans vie. Ils procèdent au constat d’usage et la dépouille est enlevée et déposée à la morgue.

Ainsi, le malheureux Kramo Koffi est mort. Mort pour l’amour d’une femme. Pour certains, est-ce que cela valait la peine ? Mais pour le chauffeur, ça valait bien la peine. Voilà la preuve…de sang.

KIKIE Ahou Nazaire