3ème mandat : Tiken Jah lance un message à Ouattara

La star ivoirienne du reggae, Tiken Jah Fakoly, ne manque pas d’attirer l’attention des dirigeants africains sur les risques de certaines décisions prises ou envisagées

Il ne s’adresse pas directement au chef de l’État. Mais, sur sa page officielle facebook,Tiken Jah Fakoly, par un clip vidéo au contenu éloquent, adresse un message clair au président de la République, Alassane Ouattara, qui laisse entrevoir la possibilité de rempiler pour un 3ème mandat à la tête de la Côte d’Ivoire en 2020. Dans ce clip titré  »3ème dose » qu’il a postée sur sa page, le jeudi 7 juin 2018, le reggaeman ivoirien présente une séquence de sketch des comédiens Gbi de Fer et de Koro Abou, qui mime clairement l’ambiance qui prévaut sur la scène politique actuellement.

Dans cette entrée en scène, les humoristes campe une situation avec un « médecin constitutionnaliste » concoctant un produit pour permettre au président sortant de faire un 3ème mandat. Et Tiken Jah, qui prend le relais dans sa nouvelle composition où il ne mâche pas ses mots dans les refrains. « Fou, fou, fou, ils deviennent fous, ça peut rendre fou…. »,entonne l’artiste qui dénonce la boulimie du pouvoir pour certains dirigeants qui y goûtent. « Il demande deux, et encore une autre. Entouré des Kpakpato (flatteurs : Ndlr), qui lui disent qu’il est le plus beau et lui parlent comme à un roi. Et après, il y a glissement. Ils deviennent dingues…. », chante le reggaemaker connu pour son franc-parler incisif.

Et une voix en featuring, qui rappe en sus : « Difficile à construire, très facile à détruire. A la fin, ils nous font tous le même coup, presque syndrome de Blaise qui ne laisse qu’un choix au peuple, les Compaoré qui refusent la grande porte, par la petite fenêtre sortent. Si le pouvoir est une drogue, l’éveil du peuple est un anti-dote…. ».

Une intermède qui précède la conclusion de Tiken Jah, qui reprend son refrain et ajoute d’autres mots non moins satyriques. « Ils ont partagé le gâteau, ils disent que c’est leur cadeau. Ils ont installé leurs familles. Ils disent que c’est la démocratie. Ils ont oublié le ghetto, mais ils disent que tout est beau. Quand on ne trouve plus l’attiéké (semoule de manioc prisée par les Ivoiriens (Ndlr), parce qu’ils ont tout braqué … », dépeint l’artiste dans cette satyre qui en dit long en pleine polémique depuis la publication, par Jeune Afrique, d’une interview qu’a accordé le chef de l’État. Laquelle interview, a levé un autre niveau de doute sur la volonté du président ivoirien, Alassane Ouattara, de briguer un troisième mandat en 2020.

Tiken Jah aurait-il voulu parler à sa manière, au chef de l’Exécutif ivoirien qu’il ne s’y prendrait autrement.

Voilà qui est clair, qui a tout l’air d’une mise en garde quand au risque qui pourrait découler de la décision du chef de l’État que ne semble pas partager la méga-star du reggae.

F.D.BONY